Hormonothérapie

Au fur et à mesure qu’une femme vieillit, son niveau d’hormones diminue naturellement. Cette situation peut causer des changements physiques et émotifs perturbateurs, comme des bouffées de chaleur et des sautes d’humeur.

L’hormonothérapie (HT) est parfois prescrite pour rehausser le niveau d’hormones et offrir un certain soulagement. Comme l’hormonothérapie a fait l’objet d’une grande controverse, bon nombre de femmes se demandent si elle constitue une bonne option pour elle. La Mise à jour sur la ménopause et l’ostéoporose (2009)publiée par la SOGC recommande que les médecins prescrivent la plus faible dose nécessaire et pour la durée nécessaire, pour traiter les symptômes perturbateurs de la ménopause. Les recherches courantes confirment que l’HT est à la fois une façon sûre et efficace de traiter les symptômes ménopausiques. Votre fournisseur de soins de santé peut vous aider à comprendre les risques et les avantages de différents traitements.

Comment fonctionne l’HT?

L’hormonothérapie peut être recommandée pour les femmes qui présentent des symptômes allant de modérés à graves, ou pour celles qui ont déjà subi une hystérectomie ou atteint la ménopause avant 50 ans. L’hormonothérapie aide à rééquilibrer l’organisme d’une femme après que ses ovaires ont cessé de produire de l’œstrogène et un progestatif. Un programme d’hormonothérapie peut comprendre l’utilisation d’œstrogènes seulement (œstrogénothérapie seulement, ou ET), ou une combinaison d’œstrogènes et de progestatifs (EPT).

Un éventail d’options en matière de traitement

Pendant la ménopause, la quantité d’œstrogène dans l’organisme d’une femme diminue. Étant donné que l’œstrogène aide à maîtriser le mauvais cholestérol, ce changement peut accroître le risque de cardiopathie. Une proportion de 88 % des femmes âgées entre 55 et 64 ans présentent un taux de cholestérol élevé.

Source : CityA.M., Cholesterol, another silent killer, 7 octobre 2008

L’hormonothérapie peut comprendre des médicaments administrés par voie orale, des timbres cutanés (traitement transdermique) ou des gels pour aborder les symptômes comme les bouffées de chaleur. D’autres HT sont appliquées directement sur la zone problématique, par exemple une crème, un comprimé ou un anneau peut être recommandé pour prendre en charge les symptômes vaginaux et restaurer le niveau d’œstrogènes. Votre médecin peut vous conseiller sur les options en matière d’HT, ainsi que sur les traitements parallèles et sur l’effet des choix de mode de vie (comme le régime, la pratique d’exercices et la consommation d’alcool, de tabac et de caféine) sur vos  symptômes. Apprenez-en davantage sur une gamme de traitements disponible(en anglais seulement).

L’innocuité de l’HT

Selon la Mise à jour sur la ménopause et l’ostéoporose (2009)de la SOGC, l’HT constitue une option sûre et efficace pour le traitement des symptômes ménopausiques allant de modérés à graves, tels que les bouffés de chaleur, les sueurs nocturnes, les sautes d’humeur, l’insomnie, les troubles de la concentration et la sécheresse vaginale. La Conférence canadienne de consensus sur la ménopause, produite par une équipe de professionnels de la santé qui ont examiné la recherche courante sur la ménopause et la prise en charge des symptômes de la ménopause, recommande en particulier :

  • L’utilisation à court terme de l’HT (jusqu’à concurrence de cinq ans) constitue une option sûre et efficace pour le traitement des symptômes ménopausiques allant de modérés à graves, tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes les sautes d’humeur, l’insomnie, les troubles de la concentration et la sécheresse vaginale. L’HT dispose de l’avantage secondaire d’offrir une certaine protection contre l’ostéoporose et le cancer colorectal.
  • Dans les cas où les symptômes se manifestent à nouveau après avoir eu recours à l’HT à court terme, les femmes devraient consulter leur fournisseur de soins de santé pour discuter des risques et des avantages d’en poursuivre l’utilisation à long terme et l’effet sur la qualité de vie.
  • Quiconque ayant recours à l’hormonothérapie, surtout les femmes qui prennent le traitement depuis cinq ans ou plus, devraient consulter leur fournisseur de soins de santé  tous les ans pour revoir le schéma posologique, les raisons pour lesquelles elles suivent une HT, ainsi que les risques et les avantages. Si vous décidez de cesser l’utilisation de l’HT, votre fournisseur de soins de santé vous conseillera sur la façon sécuritaire de procéder.

Effets indésirables

Certains effets indésirables peuvent se manifester chez les femmes qui prennent une HT. Quarante pour cent des femmes subissant un traitement à l’HT connaissent une métrorragie irrégulière au cours des trois à six premiers mois. Dans la plupart des cas, les saignements cessent dans un délai de 12 mois; cependant, chez certaines femmes, ils peuvent persister au-delà d’un an. Les femmes qui prennent une œstrogénothérapie peuvent connaître une sensibilité mammaire, des nausées, des maux de tête et un ballonnement. Ces symptômes peuvent souvent être pris en charge en modifiant la posologie du traitement. L’HT peut ne pas bien se prêter à l’utilisation concomitante de certains autres médicaments. Toute femme prenant une HT devrait consulter un fournisseur de soins de santé au sujet des possibles interactions médicamenteuses.

Effets secondaires

L’HT combinée est associée à une baisse du risque de cancer colorectal et peut légèrement accroître le risque de cancer de l’ovaire. Ces effets sont faibles et ne devraient pas influencer la décision d’une femme quant à l’utilisation de l’HT. Les femmes qui ont subi une hystérectomie (qui n’ont donc plus d’utérus) se voient habituellement prescrire une œstrogénothérapie (OT), tandis que les autres femmes sont plus susceptibles de se voir offrir une hormonothérapie combinée (une combinaison d’œstrogènes et d’un progestatif). L’ajout d’un progestatif offre l’avantage de protéger la muqueuse de l’utérus contre les cancers de l’endomètre. Chez les femmes qui présentent une insuffisance ovarienne prématurée, l’HT à long terme peut contribuer à la prise en charge de certaines préoccupations de santé.

Des études laissent entendre que l’HT peut également atténuer le risque de voir apparaître le diabète. Les œstrogènes peuvent exercer un effet positif sur le métabolisme du glucose et de l’insuline; chez certaines femmes postménopausées présentant un diabète de type II, ils améliorent la maîtrise de la glycémie et régularisent les taux sériques de lipoprotéines.

La fluctuation ou la baisse des taux d’œstrogènes peut déclencher des migraines. Bien que ses effets varient, l’HT peut mener à une aggravation des migraines.   

L’hypothyroïdie est fréquente chez les femmes; elle se manifeste le plus souvent après la ménopause. Aucun lien direct n’a été établi entre cette maladie et la baisse du taux d’œstrogènes à la ménopause; de plus, rien n’indique que l’utilisation de l’HT atténue le risque de voir apparaître cette maladie.

 

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SOGC

« J’ai lu que l’hormonothérapie était sûre. Ailleurs, j’ai lu que l’hormonothérapie aggravait mon risque de cancer du sein. Il est difficile de savoir ce qui est vrai, lorsque l’on obtient des renseignements qui se contredisent. Est-ce que je dispose vraiment d’options? »

Par rapport aux pilules anticonceptionnelles ordinaires, les pilules à teneur plus faible en œstrogènes destinées à l’HT à très faible dose peuvent être plus sûres pour les femmes périménopausées (la périménopause commence de trois à cinq ans avant vos dernières règles). Les pilules anticonceptionnelles ordinaires contiennent de 30 à 50 microgrammes d’œstrogènes, alors que l’HT à faible dose utilise seulement 20 microgrammes d’éthinylestradiol.