Cancer

Cancer du sein

Toutes les femmes font face à un risque accru de cancer du sein au fil du vieillissement. En fait, le cancer du sein est plutôt associé au vieillissement qu’à la ménopause. Il survient plus couramment chez les femmes âgées de 60 ans et plus; à l’âge de 85 ans, la proportion de femmes pouvant développer la maladie est de une sur neuf. On recommande à toutes les femmes de subir des tests de dépistage du cancer du sein régulièrement.

Bon nombre de femmes envisageant l’hormonothérapie (HT) pour aborder les symptômes de la ménopause sont préoccupées par le lien potentiel de l’HT sur le cancer du sein. Comme en fait mention la Conférence canadienne de consensus sur la ménopause de 2006, et la Mise à jour sur la ménopause et l’ostéoporose (2009), la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) considère l’HT administrée à la plus faible dose efficace pendant le plus court intervalle possible comme étant sûre et efficace pour le traitement des symptômes ménopausiques, à moins qu’une femme présente de lourds antécédents familiaux de cancer. Des rapports destinés au public faisant état d’un risque accru de cancer ont été mal compris. En réalité, le risque accru (24 %) de cancer du sein rapporté par les médias se traduit en fait par un risque accru absolu de seulement 8 cas additionnels par 10 000 utilisatrices de traitements hormonaux par année au sein de la catégorie de femmes plus âgées de l’étude WHI. Le Council for International Organizations of Medical Sciences considère ce niveau de risque comme étant «rare».

Le risque de cancer du sein associé à l’HT postménopausique est celui qui préoccupe le plus les femmes et leur médecin. Cependant, il est important de mettre en perspective les différents facteurs de risque liés au cancer du sein. Par exemple, les risques associés à l’HT sont à peu près les mêmes que ceux qui sont associés au début précoce des règles ou à une ménopause tardive. Il faut aussi tenir compte de toute une gamme de risques associés au mode de vie, comme la consommation excessive d’alcool et l’absence d’exercice. On incite les femmes d’âge mûrà porter une attention particulière aux facteurs de risque qu’elles peuvent modifier elles-mêmes, comme le tabagisme, le sédentarisme, la consommation excessive d’alcool et un gain de poids postménopausique. Le fait de porter attention à ces facteurs vous aidera à réduire les risques indésirables à ce moment de votre vie.

Pour savoir si l’HT vous convient, consultez votre fournisseur de soins de santé.

Évaluez votre risque : Outil d’évaluation du risque de cancer du sein du National Cancer Institute (disponible en anglais seulement).

Risque cumulé absolu et risque additionnel de cancer du sein lié à la durée d'un traitement hormonal de substitution.
De 3 à 5 % des femmes présentant une prédisposition au cancer du sein sont porteuses d’une mutation génétique particulière (BRCA1 ou 2) qui accroît leur risque de développer la maladie au cours de leur vie dans une proportion de 60 à 80 %. Des données récentes laissent croire que l’hormonothérapie n’est pas associée au risque accru de cancer chez ces femmes. Chez les femmes post-ménopausées, il est associé à une diminution du risque.
Âge lors du calcul (ans)
Plage d'âge (ans) Risque sans traitement hormonal de substitution Risque additionnel (%) avec traitement combiné* Risque additionnel (%) avec emploi d'estrogènes seuls (années d'utilisation)
Ratio % 3 ans 5 ans 10 ans 15 ans 3 ans 5 ans 10 ans 15 ans
40 40-79 1 sur 14 7,21 0,18 0,38 1,18 2,22 0,05 0,12 0,34 0,64
45 45-79 1 sur 15 6,76 0,26 0,52 1,45 2,54 0,07 0,15 0,41 0,73
50 50-79 1 sur 16 6,10 0,31 0,60 1,59 2,82 0,09 0,18 0,45 0,81
55 55-79 1 sur 19 5,30 0,33 0,64 1,76 3,17 0,09 0,19 0,50 0,91
60 60-79 1 sur 23 4,44 0,37 0,73 2,01 3,51 0,10 0,21 0,57 1,00
65 65-79 1 sur 29 3,48 0,42 0,84 2,19 3,27 0,12 0,25 0,62 0,91
70 70-79 1 sur 42 2,37 0,47 0,88 1,64 - 0,13 0,25 0,50 -
75 75-79 1 sur 88 1,14 0,43 0,58 - - 0,12 0,14 - -

*Pour estimer le risque cumulé absolu de cancer du sein d'une femme d'un âge donné jusqu'à 79 ans, on ajoute le risque additionnel lié à une formule et à une durée d'utilisation précises au risque de base de cancer sans traitement hormonal.

†Le ratio correspond à la réciproque du risque cumulé absolu (%) du cancer du sein chez les femmes n'ayant recours à aucun traitement.

«La présence de deux personnes ayant des liens de parenté immédiate affectées ou plus constitue, après le sexe et le vieillissement, le plus important facteur de risque de cancer du sein. Il existe un certain nombre de facteurs de risque courants: présenter une surcharge pondérale de 20 pour cent, reporter la grossesse jusqu’à l’âge de 30 ans ou plus, consommer deux verres d’alcool par jour et ne pas faire d’exercice de façon régulière. L’utilisation à long terme de l’HT est d’un ordre d’importance comparable à celui de ce groupe de facteurs de risque.»

Rapport de consensus sur la ménopause 2006 de la SOGC

Lisez l’article intitulé What you should eat (and avoid) to beat breast cancer.

Cancer de l’endomètre

Bien que le lien entre les œstrogènes et le risque de cancer de l’endomètre ait fait l’objet de discussions, des données récentes laissent entendre que l’œstrogénothérapie à faible dose utilisée pour la prise en charge des symptômes ménopausiques n’exerce que des effets minimes sur le risque de cancer de l’endomètre. La recherche indique également que l’HT n’accroît pas le risque de récurrence chez les femmes qui présentent des antécédents de cancer de l’endomètre de bas grade histologique et de stade précoce. Bien que les œstrogènes et le progestatif peuvent influencer la croissance de fibromes (tumeurs bénignes qui se forment généralement sur la paroi de l’utérus), les doses d’HT sont habituellement assez faibles pour ne pas exercer d’effets sur ceux-ci.

Le traitement combiné œstrogènes-progestatif offre une certaine baisse du risque de cancer de l’endomètre chez les femmes qui n’ont pas subi une hystérectomie.

Cancer colorectal

Les données de recherche montrent que le recours à long terme à l’hormonothérapie substitutive peut réduire de façon considérable le risque de cancer colorectal.

D’après un rapport paru dans Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, publié par l’American Association for Cancer Research, la réduction la plus importante du risque (48 %) a été observée chez les femmes qui avaient utilisé une hormonothérapie combinée (œstrogènes et progestatif) pendant une période allant de deux à cinq ans. Malgré la diminution du recours à l’HT en raison de la confusion à l’égard de son lien possible avec le cancer du sein, ces données de recherche donnent à penser que toutes les préparations hormonales ont un important effet protecteur. Les données courantes découlent d’une étude qui s’est penchée sur des données recueillies auprès de 56 733 femmes sur une période moyenne de 15 ans; un cancer colorectal a été diagnostiqué chez 960 de ces femmes. L’âge moyen au moment de la première entrevue (réalisée entre 1979 et 1981) était de 55,7 ans. Les chercheurs ont constaté que le recours à une œstrogénothérapie quelconque était associé à une baisse de 17 % du risque de cancer colorectal. Chez les femmes qui ont pris des œstrogènes, les réductions les plus importantes ont été constatées chez les utilisatrices courantes (risque réduit de 25 %) et chez les femmes qui les avaient utilisées pendant au moins dix ans (risque réduit de 26 %).

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SOGC

Chez les femmes postménopausées présentant une mutation du gène BRCA1, le recours à l’HT n’a pas été associé à un risque accru de cancer du sein; au contraire, il a plutôt été associé à une diminution du risque.

J Natl Cancer Inst, 2008